1.13.2008

« MAL‑ME‑DIT »

Nous abordons un sujet délicat qui met en question notre personne: ce que nous sommes dans le réel de l'existence.
Un ami affecté dans sa santé fait un jeu de mots avec “maladie” en disant : «Qu'est‑ce que le “mal‑me‑dit” dans ce que je vis présentement?» Je fréquente chaque semaine des grands malades en soins de longue durée, et que de fois je me sens «pogné» devant la souffrance des gens!
Quand la maladie frappe c'est toujours un temps d'épreuve qui provoque une série d'interrogations autant pour la personne affectée que pour son entourage! Nous sommes tous témoins en ce temps d'automne de voir les feuilles tomber des branches et s'étendre par terre. Ce signe discret signifie que toute vie s'achève un jour.
Le “mal‑me‑dit” de ressentir ma fragilité et d'être conscient de ma condition mortelle. La question du “Qui suis‑je?” bondit! Je ne suis qu'une parcelle de vie dans l'immensité de l'univers. Suis‑je vraiment nécessaire dans cet immense tourbillon? Immanquablement dans cette turbulence surgissent l'angoisse de ma vulnérabilité et les peurs de l'inconnu! Est‑ce que je bascule dans l'absurdité, le néant, le vide?
Est‑ce que j'opte pour une présence intérieure avec laquelle je tisse de la confiance comme avec quelqu'un de proche qui crée une certaine sécurité malgré les coups durs de l'existence? Si j'ai foi en l'inattendu du matin de Pâques, il y a l'icône du Christ, la personne Jésus qui suscite des gestes humains divinisés...
Je termine par ce récit de vie: j'accompagne bénévolement un résident lors d'une sortie dans un verger à Rougemont. Nous sommes transportés par un tracteur aux pieds des pommiers. Je pousse le fauteuil roulant de M. Bruno sous une branche pliée remplie de belles pommes rouges. Bruno allonge la main gauche et cueille les pommes pour les déposer dans son sac. J'en profite pour déguster une pomme fraîchement cueillie. J'invite mon ami à faire de même, mais il me montre qu'il n'a pas de dents au haut de la bouche.
Je m'informe s'il y a quelqu'un qui a un couteau. J'en trouve un, je m'assois aux pieds de Bruno sur l'herbe, je lui coupe des morceaux de pomme; il les déguste avec plaisir. Quel bonheur ressenti en nos cœurs sous un soleil radieux d'automne! Puis une fois nos sacs remplis, Bruno les place sur la tablette de son fauteuil roulant en précisant: “J'en prends soin”. Ce simple geste de partage devient un geste humain divinisé ...
(Inspiré de E. Drewermann, La parole qui guérit, et de Boris Cyrulnik, De chair et d'âme.)
André Choquette

Libellés : , ,

Maladie et espérance pour redonner espoir

L'espérance pour moi commence au jour de ma naissance; le prénom de ma maman est Gabrielle, ce qui me rappelle à chaque fois mon ange-gardien, "Ange Gabriel", et c'est à partir de là que viens mon espérance en cette période ou la maladie m'affecte.
A l'été 2001, j'ai été un gagnant lors de ma première opération à cœur ouvert. J'ai mis toute mon espérance et ma foi en un Dieu d'amour. La vie est belle et tout est beau, ça va très bien et même c'est surprenant de me voir vivre ce que la vie a donné à mes jours.
À l’hiver 2007, hélas, mon état de santé se détériore et, en juin, suite aux résultats de plusieurs examens, le Dr Tousignan m'annonce un cancer des poumons, en plus de plusieurs métastases sur les os. À partir de ce jour je pense (comme plusieurs à qui on annonce cette terrible maladie) que l'on se trompe; je refuse, moi, de me laisser écraser par cette peur; je ne veux pas le croire et je décide de prendre tous les moyens pour reprendre des forces et revenir un peu à la vie.
Je veux vous partager un bout de texte que j'ai lu à la salle des traitements où je reçois ma chimio; cette lecture me redonne une espérance face à la maladie.
«Celui qui gagne prend des risques (traitement de chimio), celui qui gagne n'abandonne pas. Quand la vie est dure, il s'accroche en attendant que la roue tourne. Celui qui gagne sait que plus d'un chemin lui est ouvert et il ne redoute pas de l'emprunter. Celui qui gagne sait qu'il n'est pas infaillible et il accepte sa faiblesse, "la maladie", tout en tirant parti de ses forces. Celui qui gagne tombe parfois, mais il se relève aussitôt, il n'accepte pas qu'une simple chute lui interdise de se relever. Celui qui gagne accepte de prendre sa vie en main. Celui qui gagne a des pensées positives.»
Aujourd'hui, je suis bien entouré de ma conjointe Antoinette, de mes trois filles, de leurs conjoints qui tous me soutiennent. Merci à toute mon équipe médicale de l'hôpital de Ste-Agathe –médecins, infirmières et tout le personnel– pour les bons soins que je reçois.
Il y a en plus vous tous, la fraternité de Copam, vos visites à ma maison d'Entrelac, les appels téléphoniques de plusieurs membres, des mots et pensées écrites d'encoura­gements: tout cela redonne de la vie et de l'énergie à mes journées. Jouer gagnant, un jour à la fois.
Un gros merci et toute ma reconnaissance à tous. Je profite de ce moment pour rendre grâce à Dieu de tout ce que la vie me donne.
Je garde espoir.
Jean-Guy Brisson

Libellés : , ,

MALADIE ET ESPERANCE

Deux mots qui s'opposent.
Deux mots qui portent en eux-mêmes des réalités différentes.
Comment vivre la maladie sans espérance?
Comment vivre l'espérance sans maladie?
L'espérance prend sa force lorsqu'elle est opposée à l'adversité. Elle peut se préparer dans des moments de calme, de prière, de sérénité, mais elle se vérifie dans des périodes plus difficiles. Ce n'est pas quand je suis en santé que je peux dire comment je me comporte durant la maladie. Sauf, si j'ai laissé pénétrer mon âme:
• par le pardon plus que l'offense
• par l'amour plus que la haine
• par la vérité plus que l'erreur
• par la foi plus que le doute
• par l'espérance plus que le désespoir
• par la lumière plus que les ténèbres
• par la joie plus que la tristesse.
Vous êtes sur le chemin du bonheur si vous vous laissez modeler par l'amour qui est l'essence même de Dieu.
Laurette Daigneault

Libellés : , ,

«CONTRE TOUTE ESPÉRANCE»

Êtes‑vous allés voir le film de Bernard Émond? Moi, si! J'ai apprécié les quelques moments de rire où l'amitié apporte du secours. Jamais je ne m'attendais à une telle conclusion du film. J'ai vu ce petit bout de femme, Réjeanne, qui en avait large sur le dos. J'ai eu l'impression que ce qui la portait, en plus de l'amour qu'elle ressentait pour Gilles, son mari, c'était un espoir débordant que tout pourrait redevenir comme avant, enfin, un peu comme avant... si seulement il pouvait se prendre en main et s'aider.
Elle demande à Dieu, elle espère, elle croit. Gilles, cet homme fort et costaud jusqu'à cet AVC, n'ayant aucun autre appui que sa santé et son travail, rien en lui ne veut plus vivre après cette épreuve. Même l'amour de sa femme devient humiliant et il perd espoir.
J'ai compati avec cet homme, j'ai compris sa détresse. J'ai ressenti aussi l'espoir de Réjeanne. Sauf que j’ignorais à ce moment que la vie, quelques jours plus tard, «m'attendait dans le détour» moi aussi!
On me détecte une petite cellule détestable au sein gauche et on doit m'enlever cette intruse au plus vite. Naturellement, j'ai peur! Toutes sortes de questions me trottent dans la tête. Je vois le spectre de la mort, jusqu'où ça va aller tout ça? Réussira‑t‑on à tout enlever?
Bien sûr, que je me dis, en parvenant avec difficulté à faire taire toutes mes pulsions négatives intérieures. Je réussirai à vaincre et tout redeviendra comme avant... du moins... je l'espère de toutes mes forces. Je crois et je réussirai, ayant confiance au secours médical et en ce souffle qui est là près de moi. Serait‑ce la prière des autres, de ceux qui m'aiment?
Cette espérance qui me vient de ma volonté de vaincre est aussi celle de savoir que Quelqu'un m'accompagne durant cette batterie d'examens médicaux, dans ce dédale de doutes, d'angoisses et de peurs. Là où aucune réponse ne vous rassure.
Là, dans mon cœur, il y a la confiance de me tendre vers Dieu et de croire que tout ira pour le mieux. Avec le secours de celui qui me tient la main et qui m'accompagne dans ce sentier difficile, je ne vous cache pas que j'ai peur, mais j'ai grand Espoir que tout ira bien.
On s'en reparlera. À bientôt.
Monique Paquin

Libellés : , ,

Référencement Gratuit